Grégoire Fabvre Vidéos Expérimentales

"POESIES DE GUERRE"

Vidéo expérimentale (∞ 6 min.)

"Life"

Vidéo expérimentale (∞ 3min.)

"Cut-Up Andalous"

Vidéo expérimentale - animation de dessins (∞ 9 min.)

VIDÉOS EXPÉRIMENTALES

Toute œuvre étant une expérimentation, le terme de « vidéo expérimentale » me semble être un quasi-pléonasme. Mais comment caractériser autrement des œuvres audiovisuelles qui, destinées à des expositions d’art contemporain, sortent du cadre classique du cinéma ?

Ces vidéos utilisent certes le medium audiovisuel mais, en s’échappant de la « salle obscure », elles sont projetées à un public debout et généralement en mouvement. Ce contexte spatial et temporel détermine une relation physique et émotionnelle différente entre l’œuvre et le spectateur de celle d’un film de cinéma. Ce qui implique pour son auteur une approche narrative et un travail des formes différents.

Se situant à mi chemin entre mon travail de cinéaste et celui de plasticien, ce qui me passionne dans la réalisation de vidéos expérimentales, c’est la confrontation entre les problématiques audiovisuelles (la narration à partir d’images en mouvement et de son) et plastiques (la création de volumes et de forme dans l’espace).

Projetées dans un espace d’exposition, ces vidéos s’inscrivent nécessairement dans une scénographie. Ce qui m’amène à les considérer comme des sculptures, des œuvres en trois dimensions qui existent physiquement dans l’espace et qui perdurent dans le temps. C’est pourquoi elles sont conçues pour se répéter en boucle, à l’infini.

Comme lors de mon travail plastique, mon axe de travail en vidéo est autant la fragmentation du réel que sa représentation. Dans une démarche quasiment « cubiste », je confronte, parfois brutalement, des images et des sons dans des continuums délibérément dépourvus de structure narrative claire. L’impulsion rythmique de ces fragments audiovisuels rompt avec le caractère monolithique de l’écran disposé dans le lieu d’exposition.

Pour concevoir ces vidéos, je profite largement des possibilités offertes par les nouvelles technologies, les logiciels d’images et d’animations. Mais je charge ce support froid, virtuel, de l’informatique, avec une matière première issue d’un travail manuel, physique : des dessins, des « collages », des prises de vues, … Mêler et animer ces différents supports me permet de retranscrire, sans les contraintes du monde réel, mes imaginaires personnels, notamment celui de l’enfance.

Ces vidéos expérimentales peuvent sembler en rupture avec ma démarche de cinéaste, mais, pour les élaborer, je m’appuie sur les fondamentaux du cinéma. Lors du montage je joue sur le rythme comme je le ferais pour un film documentaire et je m’appuie sur les bases du cadrage pour obtenir des images vibrantes, sensibles qui, d’une autre façon, racontent aussi des histoires.