Mat Capelier peinture

ARTS PLASTIQUES

 

Je peins ce que je vois et crée des images de manière très intuitive.
Chaque image suscite en moi le besoin pressent d’en faire d’autres.
La peinture est finie quand elle est autonome et indépendante à son contexte.
L’espace du tableau devient quelque chose en soi, une impression étrange de vivant.

 2000-2002

Au musée du Prado à Madrid j'ai vu de mes yeux les tableaux de Velázquez.

Je garde en mémoire le portrait du Bouffon de Valladolid.

Debout, face au plan vertical de mes toiles, le regard au sol, je peins ce que je vois: De mes pieds jusqu'à la naissance de mes épaules, ce qui correspond à la limite de mon champ de vision. En travaillant mes peintures dans plusieurs sens et grâce à un miroir posé au sol je cumule des vues en plongé et contre plongée. Ces points de vue différents articulés entre eux donnent à voir des autoportraits déconstruits, des corps aux anatomies impossibles.

Rapporté au statuaire et signe d'une présence anonyme, des pieds et des jambes sans corps, leur ombre portée sur le sol, sont pour moi l'évocation d'une sensation physique très simple et commune qui est à la fois essentielle dans notre relation au monde. Bipède et humain.

2002-2005

Dans mon atelier, j’explore des façons de travailler qui vont à contre sens de ce que j’ai appris ou de ce que je sais faire.

Je considère l'espace du tableau comme une compilation de temps de travail successifs, où les intentions initiales sont constamment transgressées par des prises de décisions contradictoires.

Je peins des images, puis je les efface ou les recouvre par gestes intuitifs. Les couleurs s’imposent, les matières se succèdent, les images se superposent et construisent une narration que je ne maîtrise pas totalement. Par strates, émergent des territoires nouveaux dans lesquels, presque malgré moi, se côtoient des figures familières : mon fils et sa corde à sauté, une grenouille, Céline, un pont, un cheval … qui, dans un agencement chaotique, me racontent une histoire.

2007-2012

Je pars d'une réalité : celle d’un paysage, d’un animal, d’une personne ou de mon propre corps.

Pas d’esquisse préparatoire ; mais plutôt une sorte d’avidité gestuelle qui se répand sur la surface, à partir du thème initial.

Le thème initial est étiré, contracté, déformé, retourné ; il reçoit une succession de traits et de couleurs, comme les traces laissées par une étrange chorégraphie de la main.

Et pourtant, rien n’est aléatoire ni hasardeux ; il s’agit bien de la formalisation colorée de mon imaginaire, imaginaire qui vient s’agglomérer sur la réalité concrète du thème initial.

Résultat d'une transformation du réel dans un espace mental, l'image peinte est à son tour rendue visible. Réelle et autonome.

2013-2014

Je travaille sur des grands formats où se superposent encore des paysages et des corps. Je peins le tableau dans tous les sens.

Mon travail d'écriture envahit les toiles. Je recopie des textes à moi sur mes tableaux.

Un grand tableau, tiré d'une série de 2014 où se combinent textes et images: un crâne de sanglier dans un carton émerge d'un fond animé par des esquisses de scènes très différentes. Par l'accumulation de signes et la superposition d'images, la lisibilité de l'ensemble atteint ses limites. Le geste prédomine, la peinture est d'une esthétique proche du graffiti urbain.

Mes peintures se complexifient en entremêlant figures, architectures, fragments d'écritures et paysages.